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Action pour le maintien de la paix

À travers son initiative intitulée Action pour le maintien de la paix, le Secrétaire général invite les États Membres, le Conseil de sécurité, les pays hôtes, les pays qui fournissent des contingents ou du personnel de police, les partenaires régionaux et les contributeurs financiers à renouveler leur engagement collectif en faveur des activités de maintien de la paix menées par l’ONU et à s’engager mutuellement à atteindre l’excellence.

Le maintien de la paix est l’un des outils les plus efficaces dont l’Organisation des Nations Unies dispose pour promouvoir et maintenir la paix et la sécurité au niveau international. Toutefois, les opérations de maintien de la paix se heurtent à plusieurs obstacles qui les empêchent d’être exécutées comme prévu. Les solutions politiques font souvent défaut, tandis que les objectifs assignés aux missions semblent imprécis, et qu’il paraît difficile d’en discerner les priorités. Dans plusieurs environnements, des menaces complexes entraînent une augmentation du nombre de morts et de blessés parmi les soldats de la paix, les missions n’étant pas toujours dotées du personnel et des équipements qui permettraient d’enrayer ces menaces. Les opérations de maintien de la paix ont également été confrontées à des difficultés dans l’exécution de leurs mandats de protection, dans leur mission de participation à la construction d’une paix durable et à long terme, et dans la mise en place d’une collaboration cohérente avec d’autres acteurs intervenant dans les mêmes contextes.

Pour faire face à ces difficultés, le Secrétaire général a lancé l’Action pour le maintien de la paix afin de renouveler l’engagement politique mutuel en faveur des opérations de maintien de la paix. Le Secrétaire général a invité les États Membres à se joindre à lui pour définir un ensemble de principes et engagements mutuellement acceptés en vue de créer des opérations de maintien de la paix adaptées pour l’avenir, aux fins de parvenir à un accord formel d’ici fin 2018. Le 25 septembre 2018, à l'occasion de la 73e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, le Secrétaire général organise une réunion de haut niveau sur l'Action pour le maintien de la paix

Réunion de haut niveau sur l'action pour le maintien de la paix

La réunion de haut niveau sur l'action pour le maintien de la paix du 25 septembre sera présidée par le Secrétaire général. Les représentants de plus de 100 Etats membres et organisations internationales et régionales y participeront, y compris au plus haut niveau. L’évènement sera l’occasion de rassembler tous les partenaires en vue d’établir une compréhension commune des réalisations et des défis du maintien de la paix et de renouveler les engagements des principales parties prenantes du maintien de la paix pour permettre aux missions de l’ONU d’amener une paix durable dans les pays où elles sont déployées. Nous sommes encouragés par l’appui enthousiaste de plus de 140 pays, ainsi que trois organisations internationales et régionales à la Déclaration d'engagement commun concernant les opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

La réunion de haut niveau constituera une étape cruciale dans la mise en oeuvre de la Déclaration par le Secrétariat, les membres du Conseil de sécurité, les bailleurs de fonds, les pays contributeurs de troupes de police, les pays hôtes et les organisations régionales.

Le public pourra suivre la réunion en directe sur webtv.un.org.

Déclaration d’engagements communs

Le Secrétariat a rédigé une version initiale de Déclaration d’engagements communs, qui a été transmise aux États Membres le 11 juillet 2018. Il l’a ensuite mise à jour sur la base des appréciations formulées par les États Membres, avant d’en présenter une version révisée le 25 juillet. Ce document contient les engagements que les États Membres et le Secrétariat seraient prêts à prendre en vue de mener une action collective visant à renforcer le maintien de la paix. Le Secrétariat a publié la Déclaration le 16 août 2018 et a invité les États Membres à l’approuver.

Approbations de la Déclaration

Au 3 octobre 2018, les pays suivants ont approuvé la Déclaration d'engagements communs :

Comment utiliser la carte :

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Consultations thématiques

Cinq consultations thématiques ont eu lieu en juin, au cours desquelles les États Membres et les organisations régionales ont proposé des solutions d’engagement mutuel susceptibles de renforcer le maintien de la paix. Les résumés ci-après ne sont ni exhaustifs, ni officiels.

Consolidation de la paix

Les États Membres ont relevé qu’il était nécessaire de faire preuve de cohérence dans les activités de consolidation de la paix, au sein du Conseil de sécurité et de la Commission de consolidation de la paix, ainsi que dans les relations entre l’ONU et les acteurs externes tels que les organisations régionales et sous-régionales, les pays hôtes et les institutions financières internationales. Ils ont souligné la nécessité d’assurer la continuité des tâches de consolidation de la paix lors des phases de transition et de retrait en rapport avec les activités de maintien de la paix, rappelé le rôle des femmes et des jeunes dans la consolidation de la paix, et l’importance de la création d’institutions, en particulier le rôle de la police, de la justice et des établissements correctionnels.

Performance

Les États Membres ont insisté pour que la question de la performance soit soulevée eu égard à toutes les composantes de la mission, mais également à toutes les parties prenantes du maintien de la paix, du personnel de terrain et du Siège au Conseil de sécurité et aux pays qui fournissent des contingents. Ils ont souligné que la performance englobait des facteurs tels que l’assistance, l’équipement, la formation, l’état d’esprit, la clarté de la vision et du mandat politique, et surtout qu’elle devait être évaluée en fonction des résultats obtenus en matière de protection des civils, de sûreté et de sécurité des soldats de la paix, et d’exécution de toutes les tâches prévues dans le cadre des opérations. L’importance du principe de responsabilité et de la mise en place d’un cadre de performance global a constitué un thème central de la discussion. Les États Membres ont également évoqué la question des avertissements et se sont penchés sur les solutions à mettre en œuvre pour pallier le manque d’équipements et de formation, en insistant sur la nécessité d’établir des partenariats et de mettre en place des initiatives de renforcement des capacités.

Individus

Les États ont présenté divers points de vue en matière de protection des civils, évoquant notamment l’importance d’une démarche s’appliquant à l’ensemble de la mission, la mise en place de solutions adaptées aux différentes menaces, et la nécessité de recourir aux ressources adéquates dans l’exécution des mandats. Plusieurs intervenants ont souligné que l’État était le premier responsable de la protection des civils et ont relevé l’importance d’appliquer le principe de responsabilité, dégageant la nécessité pour les institutions nationales de jouer leur rôle à cet égard. Les États Membres ont souligné la nécessité de la fourniture d’une expertise spécifique en matière de problématique femmes-hommes et de protection des femmes et des enfants dans les opérations de maintien de la paix, de la formulation d’analyses et de stratégies tenant compte des disparités entre les sexes pour éclairer la prise de décisions, et de la mise en œuvre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité par les gouvernements hôtes et les acteurs des opérations de maintien de la paix. Il a été demandé que des rapports publics de droits de l’homme basés sur les faits soient établis dans le cadre des opérations de maintien de la paix, et que des appréciations positives soient formulées sur les activités des composantes justice et droits de l’homme. Dans le cadre des opérations, les États Membres ont préconisé une gestion plus vaste de l’environnement qui serait intégrée dès le départ à la planification de la mission. Ils ont appuyé l’approche de l’ONU centrée sur la victime en matière d’exploitation et d’atteintes sexuelles, appelé à l’application de la politique de tolérance zéro du Secrétaire général, et souligné la nécessité de répondre d’actes relevant de l’exploitation et des atteintes sexuelles, qu’ils soient commis par le personnel civil ou par le personnel en uniforme.

Partenariats

Sur le plan stratégique, les États Membres ont précisé que les engagements devaient notamment consister en un renforcement de la coopération entre le Conseil de sécurité et l’Architecture africaine de paix et de sécurité. Au niveau opérationnel, plusieurs États Membres ont évoqué l’engagement de financement des opérations de paix menées au niveau régional et sous-régional, ainsi que d’autres paramètres tels que la transparence, les droits de l’homme, et l’obligation de rendre compte, qu’il convenait de prendre en considération. La question du financement des opérations d’appui à la paix menées par l’UA a fait l’objet de discussions. S’agissant de l’élaboration de politiques, les États Membres ont soulevé la nécessité de partager les enseignements tirés de l’expérience et de renforcer la complémentarité. La constitution stratégique des effectifs, le renforcement des capacités et la formation – y compris la mise en place de la formation linguistique et du mécanisme de coordination à contraintes limitées – s’avéraient déterminants. S’agissant du partage d’informations, ils ont noté qu’un appel avait été lancé pour que l’ONU et les organisations régionales et sous-régionales s’engagent à échanger leurs analyses et leurs informations en matière d’alertes rapides, et pour que les avantages comparatifs des partenaires soient reconnus. Les partenariats devaient également s’étendre à la coopération avec d’autres organisations.

Politique

Plusieurs États Membres ont demandé que le Conseil de sécurité joue un rôle plus stratégique et plus cohérent, qu’il fasse un meilleur usage des outils à sa disposition en vue d’appuyer les processus politiques, et que les membres du Conseil de sécurité appuient individuellement les actions menées par le Conseil, notamment en élaborant des politiques dans le domaine militaire, du développement et du commerce. Les États Membres se sont prononcés en faveur d’une meilleure planification, rationalisation et hiérarchisation des mandats qui préserve néanmoins les responsabilités en matière de protection et de droits de l’homme, et d’un renforcement du lien entre la définition du mandat et les décisions relatives à la dotation en ressources. Les États Membres ont appelé à un renforcement des capacités des représentants spéciaux du Secrétaire général en tant qu’acteurs politiques clés des missions. Ils ont appelé à un renforcement des liens entre les aspects politiques et de maintien de la paix des mandats, en particulier pendant les périodes de transition et de retrait, ainsi qu’à la création de liens plus étroits entre la Commission de consolidation de la paix et le Conseil de sécurité, notamment en ce qui concerne l’élaboration des mandats de la mission. S’agissant des gouvernements hôtes, les États Membres ont reconnu qu’ils jouaient un rôle primordial, tout en admettant qu’il était nécessaire que les gouvernements hôtes s’engagent à appuyer les opérations de paix avec leur consentement et leur coopération, que ces pays hôtes devaient également être associés aux consultations occasionnelles à huis clos et travailler de façon plus systématique avec le Conseil et le Secrétariat pour essayer de définir leur responsabilité dans l’exécution des mandats. Les États Membres ont demandé que les consultations triangulaires impliquant le Conseil de sécurité, les pays qui fournissent des contingents et des forces de police et le Secrétariat continuent d’être améliorées, et que le Secrétariat améliore son émission d’alertes rapides, renforce la cohérence des actions politiques, appuie l’implication plus nette du Secrétaire général dans les efforts de médiation, renforce les liens entre les composantes de l’ONU et propose des solutions, conseils et analyses francs, et soumette des évaluations honnêtes de la situation des pays au Conseil de sécurité. Plusieurs intervenants ont appelé le Secrétariat à faire preuve de plus d’honnêteté et de clarté dans les rapports qu’il adresse au Conseil, notamment en soumettant une évaluation lorsque la dotation en ressources s’avère insuffisante pour exécuter les activités prescrites. Les États Membres ont préconisé un renforcement de la coopération entre le Conseil de sécurité, le Secrétariat et les organisations régionales et sous-régionales pour garantir une analyse prospective et des efforts cohérents et efficaces en matière d’alerte rapide.