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Protection de l'enfance

En protégeant les enfants qui ont grandi au milieu des combats, les Casques bleus peuvent rompre le cycle de la violence et poser les bases d’une paix durable.

Pourquoi la protection de l'enfance est-elle au coeur du maintien de la paix ?

Les conflits affectent les enfants de manière disproportionnée. Nombre d’entre eux sont victimes d’enlèvements, sont enrôlés de force, sont tués, mutilés ou exploités sous d’innombrables formes.

Dans de nombreux pays déchirés par les conflits, les missions de maintien de la paix sont le plus grand acteur sur le terrain et leur contribution est essentielle pour la protection des enfants.

Le Conseil de sécurité se préoccupe de cette question depuis 1999 et la protection des enfants en période de conflit armé est une question qui fait partie du mandat des opérations de maintien de la paix depuis 2001. Au cours des dix dernières années, ces opérations ont aidé à libérer des milliers d’enfants soldats et ont œuvré en faveur d’une réforme des lois.

Comment les opérations de maintien de la paix de l'ONU protègent-elles les enfants ?

Nous menons plusieurs activités, dont :

Le déploiement de conseillers pour la protection de l’enfance

Nous le faisons dans les pays où les enfants sont confrontés à de sérieux problèmes de protection, notamment les enlèvements, l’enrôlement forcé, les meurtres et les mutilations.

L’intégration de la protection de l’enfance dans la mission

Il incombe à toutes les équipes au sein des missions de contribuer à la protection des enfants. Les conseillers travaillent avec d’autres sections telles que la police de l’ONU, l’état de droit,

les droits de l’homme, les affaires judiciaires et les contingents militaires, pour faire en sorte qu’elles tiennent compte des enfants dans leurs activités.

Le suivi et l’établissement de rapports

Nous participons aux rapports soumis au Conseil de sécurité, qui fait pression sur les forces et groupes armés et contribue aux mesures préventives et à la réponse. Pour plus d’informations, visitez Children in Armed Conflict.

La négociation avec les groupes armés

Nos missions négocient des plans d’action avec des groupes armés pour mettre fin aux violations des droits de l’enfant. Des plans d’action ont été adoptés récemment au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo.

Plaidoyer

Le chef de la mission de maintien de la paix est la plus haute autorité des Nations Unies dans le pays et dispose d’un levier unique auprès du gouvernement pour défendre les intérêts des enfants. Au Darfour, par exemple, la MINUAD a plaidé avec succès contre la peine de mort des anciens enfants soldats.

Renforcement des capacités

Nous œuvrons avec les homologues nationaux au renforcement de leur capacité à faire face aux problèmes de protection de l’enfance. Au Soudan du Sud, par exemple, la MINUSS a co-installé un agent de protection de l’enfance auprès de l’APLS pour soutenir la mise en œuvre du plan d’action visant à mettre fin à l’enrôlement et à l’utilisation des enfants.

Réforme juridique

Nous favorisons l’introduction de nouvelles lois pour protéger les enfants. Dans notre mission en Haïti, par exemple, notre unité chargée de la protection de l’enfance a dirigé la rédaction et la présentation d’une loi contre la traite, laquelle a été récemment adoptée.

Sensibilisation

Nous utilisons nos stations de radio, nos événements et nos campagnes pour faire largement connaître les problèmes de protection de l’enfance et pour promouvoir des moyens de prévenir les violations contre les enfants en période de conflit. En République démocratique du Congo, par exemple, la MONUSCO et le Gouvernement de la RDC ont lancé la campagne « Plus jamais de Kadogo » pour empêcher l’enrôlement et l’utilisation d’enfants par les forces armées et les groupes armés sur le territoire de la RDC.

Formation

Tous les conseillers pour la protection de l’enfance assurent une formation à la protection des enfants à l’échelle de la mission pour faire en sorte que chaque Casque bleu possède les connaissances et les compétences nécessaires à la protection des enfants. La MINUAD a créé un centre de formation et de ressources, où des formations hebdomadaires sont dispensées et où le personnel peut prendre connaissance des lois et des problèmes des enfants.

Notre politique

Tous les membres du personnel des opérations de paix des Nations Unies sont tenus de promouvoir et de protéger les droits des enfants dans leur travail et dans leurs interactions avec les interlocuteurs nationaux et locaux, mais aussi d’adhérer aux normes internationales les plus élevées reflétées dans le corpus normatif et aux orientations sur les droits de l’enfant et de les respecter.

Notre travail est guidé par les résolutions du Conseil de sécurité sur les enfants et les conflits armés et la politique du DOMP-DAM-DAP sur la protection de l’enfance.

Nous travaillons en partenariat avec l’UNICEF et le Représentant spécial du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé.

Qui sont les conseillers pour la protection de l'enfance ?

Si tous les acteurs impliqués dans les opérations de maintien de la paix, y compris nos contingents militaires et nos policiers, jouent un rôle dans la protection des enfants, nous avons également des conseillers spéciaux qui, dans les pays où les conflits ont les effets les plus graves sur les enfants, aident les missions à canaliser leurs ressources vers les enfants.

  • Le chef de l’opération de maintien de la paix veille à ce que les préoccupations en matière de protection de l’enfance soient une priorité dans le processus de paix.
  • Les contingents militaires jouent un rôle capital en signalant les violations des droits des enfants à leurs collègues chargés de les protéger pour les aider à identifier et à obtenir la libération des enfants enrôlés de force par des groupes armés.
  • La Police de l’ONU collabore avec la police nationale pour intervenir comme il convient pour protéger les enfants.
  • Les spécialistes des affaires judiciaires veillent à ce que les législations nationales garantissent les droits des enfants.

Les conseillers pour la protection de l’enfance sont des spécialistes affectés aux missions pour les aider à protéger les enfants. Leur travail consiste à :

  • Placer les préoccupations des enfants sur l’agenda politique et pour la paix.
  • Veiller à ce que la protection de l’enfance fasse partie intégrante des efforts et des activités de la mission, en conseillant le chef de l’opération.
  • Dispenser aux Casques bleus nouvellement déployés une formation à la protection de l’enfance qui vienne compléter la formation à ce sujet que doivent recevoir tous les membres de l’opération avant leur affectation.
  • Jouer un rôle de plaidoyer, de facilitation et de conseil auprès des chefs de la mission au sujet des questions liées à la protection de l’enfance. Suivre la situation et rendre compte des violations les plus graves des droits des enfants.
  • Assurer la liaison avec l’UNICEF et d’autres acteurs de la protection de l’enfance pour suivre les cas individuels et y répondre.
  • Les conseillers jouent un rôle clé en établissant un dialogue avec ceux qui commettent les violations les plus graves des droits des enfants, pour y mettre fin. Ce dialogue a débouché sur la signature de plans d’action par les contingents militaires et les groupes armés et sur la libération de milliers d’enfants soldats.

Comment faisons-nous une différence ?

Le déploiement des conseillers pour la protection de l’enfance dans les missions de maintien de la paix a permis aux missions de mieux répondre aux préoccupations de la protection de l’enfance tant sur le plan politique qu’opérationnel, et d’obtenir des résultats concrets pour les enfants sur le terrain :

  • Grâce au plaidoyer politique des missions de maintien de la paix et des acteurs de la protection de l’enfance, les questions de protection de l’enfance ont été prises en considération dans les processus de paix ;
  • Avec le soutien des missions de maintien de la paix, des milliers d’enfants ont été libérés des forces et groupes armés dans différents contextes, notamment en République démocratique du Congo, en République centrafricaine, au Soudan du Sud et au Soudan, en partenariat avec l’UNICEF et des acteurs nationaux ;
  • Des milliers de militaires et d’agents civils des opérations de maintien de la paix ont reçu une formation sur les droits de l’enfant et les questions de protection de l’enfance dispensée par le personnel chargé de la protection de l’enfance. Ces Casques bleus déployés dans des zones reculées et inaccessibles représentent les acteurs de la protection de l’enfance sur le terrain en fournissant des informations sur les violations et en prévenant les violations commises contre les enfants par les parties au conflit.

La protection de l'enfance en action : Voix du terrain

Documents connexes

Protection des enfants en République démocratique du Congo

Dee Brillenburg Wurth est le chef de la section « Protection de l’enfance » à la MONUSCO en République démocratique du Congo.

Pouvez-vous décrire votre travail ?

Je suis responsable d’une équipe d’environ 30 agents de protection de l’enfance qui surveillent et signalent quotidiennement les violations des droits de l’enfant. Les informations collectées sont analysées et intégrées dans les statistiques du mécanisme de surveillance et de communication de l’information sur les violations graves commises contre des enfants en situation de conflit armé.

Les statistiques sont essentielles, mais il importe de ne jamais oublier que chaque enfant dont nous faisons état a sa propre histoire sur sa vie avant, pendant et après la violation.

Ces informations nous aident à comprendre la dynamique et les modèles de violations, les auteurs, leur méthodologie. Cela nous permet de mettre en place des activités de prévention. Par exemple, l’enrôlement d’enfants par des groupes armés reste un phénomène de grande ampleur. L’analyse nous aide à comprendre le fonctionnement des différents groupes armés, ce qui nous permet de mener des activités de prévention ciblées et de dialoguer avec les chefs en nous basant sur une bonne connaissance de leur mode opératoire.

Il y a beaucoup de groupes armés au Congo, entre 40 et 45. Lorsque je m’entretiens avec des chefs de groupes armés, j’utilise les informations que nous recueillons par l’intermédiaire du mécanisme de surveillance et de communication de l’information sur les violations graves commises contre des enfants en situation de conflit dans le cadre de la défense de la cause des enfants. J’ai dans certains cas apporté des fiches d’information sur les violations commises plusieurs années durant contre des enfants par le groupe sous son commandement. Je le fais pour que nous puissions passer la discussion « nous n’enrôlons pas d’enfants » et aller directement à : comment pouvons-nous aider à la libération et à la réintégration des enfants. Les chefs sont impressionnés et vous prennent immédiatement au sérieux.

Des progrès substantiels ont été réalisés à l’égard de l’enrôlement forcé d’enfants par les forces gouvernementales en République démocratique du Congo.

En effet, lorsque nous avons commencé à travailler sur la mise en œuvre du plan d’action, certaines personnes m’ont dit que les FARDC n’arrêteraient jamais d’enrôler des enfants.

Je pensais que c’était possible. Maintenant, nous savons tous que c’est possible.

« Les statistiques sont essentielles, mais il importe de ne jamais oublier que chaque enfant dont nous faisons état a sa propre histoire »
Dee Brillenburg Wurth

Liens vers les entretiens et les activités des conseils pour la protection de l’enfance en ligne :

Train Act Protect : Formation sur la protection de l'enfance au profit de tous les Casques bleus

A peacekeeper standing alone in the desert.

La formation préalable au déploiement est essentielle pour tout le personnel militaire. Le Département des opérations de paix (DPO) a élaboré de nouvelles normes de formation novatrices pour le personnel militaire. Le cours de formation leur enseignent comment prévenir et signaler les violations contre les enfants et comment interagir avec d’autres acteurs de la protection de l’enfance, et sensibilisent sur leur propre comportement envers les enfants. Notre objectif est que 100 000 Casques bleus soient formés pour devenir une force de protection pour les enfants.

Les nouveaux supports de formation peuvent être téléchargés : 'Train Act Protect'.

Résolutions et politique

Les activités entreprises par les opérations de maintien de la paix en matière de protection de l’enfance sont régies par la politique et les résolutions ci-après du Conseil de sécurité.

Résolutions du Conseil de sécurité

Le témoignage d'une personne de terrain à l'occasion de la Journée mondiale de l'enfance

Le 20 novembre marque la célébration de la Journée mondiale de l’enfance, une occasion de se rappeler que partout dans le monde, des enfants grandissent au milieu de guerres. C’est également un appel à réaffirmer notre engagement à défendre leurs droits et à prendre des mesures fermes. Dans ce podcast, le Lieutenant Général Babacar Gaye, Sous-Secrétaire général et Conseiller militaire pour le DPO, parle de ses rencontres personnelles avec des enfants en tant qu’ancien Commandant de la Force de la MONUC, des réussites et des défis à venir en matière de protection des enfants dans le cadre du travail quotidien de ses soldats. Vous pouvez écouter le podcast ici.

Où ces conseillers sont-ils affectés aujourd'hui ?