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Note aux correspondants: Conclusions de la réunion ministérielle de haut niveau sur la République centrafricaine

Le 27 septembre 2018, s’est tenue une réunion ministérielle de haut niveau sur la République centrafricaine, en marge de la 73e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Cette réunion était co-présidée par le Secrétaire général des Nation Unies, M. António Guterres, le Président de la République centrafricaine, M. Faustin Archange Touadéra, le Président de la Commission de l’Union africaine, M. Moussa Faki Mahamat, et le Secrétaire général de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, M. Ahmad Allam-Mi. Elle était organisée en partenariat avec l’Union européenne et la Banque mondiale. Les membres du Groupe international de soutien sur la République centrafricaine et d’autres partenaires y ont également pris part. La réunion a été une occasion pour les principales parties prenantes de réaffirmer leur engagement continu à la République centrafricaine ainsi qu’au processus de paix actuellement conduit par le Panel des facilitateurs de l’Initiative africaine. 2. Le Président Touadéra a renouvelé son engagement pour le retour à la paix et à la stabilité en République centrafricaine. Il a mis en avant les efforts dans la mise en œuvre du plan de réformes du Gouvernement, notamment dans le cadre du Plan national de relèvement et de consolidation de la paix (RCPCA) et du Cadre d’engagement mutuel.  Le Président a souligné les avancées dans plusieurs domaines, notamment dans la mise en œuvre du projet pilote de désarment, démobilisation et réintégration, des programmes de réduction de violence communautaire, de la réforme du secteur de la sécurité et du déploiement des forces de défense et de sécurité, de la restauration de l’autorité de l’Etat, de la justice et de la réconciliation. Il a également rendu compte des efforts en cours pour répondre aux préoccupations socio-économiques de la population centrafricaine. Le Président a exprimé son plein soutien à l’Initiative africaine, seul cadre pour le dialogue et renouvelé son engagement dans la recherche d’une solution politique avec les groupes armés. A cet égard, les participants ont exprimé leur soutien aux efforts du Président Touadéra pour l’établissement d’une paix durable, la réconciliation nationale et le développement de son pays. 3. Malgré les progrès notables accomplis dans le pays depuis le retour à l’ordre constitutionnel, les participants ont exprimé leurs profondes inquiétudes concernant la violence dans de nombreuses parties du pays et ses conséquences désastreuses sur la population. Ils ont condamné les attaques contre les civils, les Casques bleus et les travailleurs humanitaires, ainsi que les violations en cours des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Ils ont également condamné la montée des discours incitant à la violence et à la haine ethnique et religieuse. Les participants ont insisté sur la nécessité d’y mettre un terme. Ils ont souligné qu’une paix durable ne pourrait être atteinte que par un processus politique global, traitant des causes profondes du conflit, des questions liées à la reddition des comptes, et favorisant l’établissement d’institutions étatiques efficaces et inclusives. 4. Les participants ont salué les progrès notables accomplis par le Panel des facilitateurs de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine. Ils ont souligné que l’Initiative africaine devait rester l’unique cadre pour le processus de paix dans le pays. Ils ont également souligné que l’Initiative devrait être transformée en un processus global recevant le soutien et la légitimé de la population et tenant compte des dimensions nationales et régionales. Les participants ont invité les partenaires de la République centrafricaine à intégrer leurs contributions au processus politique global et à éviter la promotion d’initiatives parallèles. Pour que son succès soit assuré, les participants ont mis l’accent sur l’importance du rôle politique et de l’engagement au plus haut niveau de la région, à savoir les pays voisins, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, l’Union africaine ainsi que les Nations Unies, afin de promouvoir une paix et une stabilité durable en République centrafricaine. 5. A cette fin, les participants ont appelé la MINUSCA à jouer un rôle plus important dans le processus de paix. Au-delà du soutien technique, logistique et sécuritaire qu’elle fournit déjà, la MINUSCA renforcera son appui à l’Initiative africaine. 6. Les participants ont aussi salué la décision du Secrétaire général d’aligner davantage les stratégies politiques et sécuritaires de la MINUSCA sur l’Initiative africaine. Ceci afin de garantir une meilleure cohérence du processus de paix liant les efforts de paix au niveau local et national aux efforts en cours en faveur du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration, de la réforme du secteur de la sécurité, de la lutte contre l’impunité et de la restauration de l’autorité de l’État, tout en tenant compte de l’intégration des droits de l’homme à tous les niveaux. 7. Les participants ont souligné l’importance de placer les problèmes prioritaires du peuple centrafricain –  principale victime de la crise – au cœur du processus de paix et des efforts de la communauté internationale, notamment en s’assurant que ses préoccupations importantes fassent partie du processus de paix.  Pour garantir sa durabilité, le processus de paix doit aussi être accompagné de bénéfices concrets pour la population, notamment à travers des investissements en infrastructures essentielles qui permettraient non seulement d’apporter une solution aux défis logistiques importants que connait le pays mais renforceraient également la mobilité et les capacités du Gouvernement et de la MINUSCA en matière de sécurité et de protection des civils. Cela favoriserait aussi la mise en place d’un environnement sécurisé pour une fourniture sans obstacle de l’assistance humanitaire. 8. Les acteurs dans le domaine du développement doivent également jouer un rôle central dans la construction et la pérennisation de la paix en République centrafricaine. La mise en place d’institutions inclusives, le renforcement des capacités pour la fourniture de service et les investissements dans les infrastructures sont essentiels pour répondre aux revendications de la population et s’attaquer aux causes profondes du conflit en République centrafricaine. La collaboration avec la Banque mondiale, l’Union européenne, la Banque africaine de développement et les autres acteurs du développement a été mise en avant à cet égard. Les participants ont reconnu que cette collaboration, bien que difficile à mettre en œuvre, demeure essentielle pour un véritable processus de réconciliation. 9. Les participants ont mis en exergue l’importance d’un lien plus étroit entre le processus politique et la justice.  Ils ont rappelé que l’une des principales exigences de la population centrafricaine lors du Forum de Bangui en 2015, et reprise dans la Feuille de route de l’Initiative africaine, était son appel à la reddition des comptes et à la justice. Les participants ont souligné l’importance d’intégrer la justice transitionnelle dans le processus politique, tout en garantissant la fin de l’impunité pour les crimes graves, la réparation effective pour les victimes, ainsi que le soutien pour la réconciliation nationale. Les efforts devraient également viser à renforcer les institutions judiciaires et pénitentiaires. 10. La mise en œuvre effective du processus de paix centrafricain est aussi subordonnée à des conditions sécuritaires qui soient favorables au dialogue. Aussi, les participants ont-ils encouragé la MINUSCA à adapter sa posture en vue d’aligner pleinement ses capacités en matière de sécurité et son efficacité opérationnelle en appui au processus de paix, en tenant compte du contexte centrafricain et de son environnement. Il est essentiel que ces efforts soient complétés par une stratégie de sécurité nationale globale, également alignée sur le processus de paix, comprenant la reconstruction et le déploiement des forces nationales de défense et de sécurité avec le soutien de la MINUSCA, de la Mission européenne de formation (EUTM-RCA) et des autres partenaires tels que recommandés par le Secrétaire général dans sa lettre au Conseil de sécurité datant du 15 mai 2018. Ce soutien devra utiliser les capacités et stratégies non militaires des Nations Unies pour traiter la menace des groupes armés et des milices d’auto-défense. 11. Les participants ont salué les progrès réalisés en matière d’extension de l’autorité de l’État dans le pays, notamment à travers le déploiement de tous les préfets, de la plupart des sous-préfets et de nombreux magistrats, ainsi que l’amélioration des services sociaux de base. Il a été reconnu que dans le cadre du RCPCA et du Cadre d’Engagement Mutuel, le Gouvernement et ses partenaires avaient lancé des projets vitaux relatifs aux services sociaux de base. A cet égard, les participants ont appelé les partenaires à honorer les engagements pris lors de la Conférence de Bruxelles en novembre 2016. 12. Concernant les élections de 2020, les participants ont reconnu que la tenue de scrutins pacifiques représente une opportunité pour promouvoir les valeurs et les principes démocratiques. Bien qu’elles ne soient pas un aboutissement ou une solution en soi, les élections, ont également reconnu les participants, constituent une étape importante dans le processus politique ainsi qu’une opportunité pour la reconstruction et la réconciliation nationales. Ceci démontrant que la stabilité de la République centrafricaine relève avant tout des Centrafricains eux-mêmes. 13. Les participants ont reconnu les défis financiers rencontrés par l’Initiative africaine ont rappelé la nécessité de sécuriser son financement. Ils ont ainsi invité les pays membres du Panel des facilitateurs à renforcer leurs appuis financiers à l’Initiative africaine et appelé la communauté internationale et les donateurs à maintenir un soutien financier adéquat au processus politique. Ils ont par ailleurs souligné le besoin urgent de poursuivre le financement des activités humanitaires dont le niveau actuel reste en-deçà des besoins réels identifiés. 14. Afin d’atteindre tous les objectifs évoqués, les participants se sont accordés sur la nécessité de partager une vision commune, de renforcer leurs engagements et de mettre en commun leurs efforts. Les participants ont appelé à renforcer la coordination et le partenariat entre l’Union africaine, les Nations Unies, la Communauté économique des États d’Afrique centrale et tous les autres partenaires à travers le Groupe international de soutien, ainsi que les mécanismes internes au niveau de Bangui, notamment parmi les membres actifs du Conseil de sécurité en République centrafricaine. Ils ont reconnu qu’une approche inclusive, transparente et cohérente entre tous les partenaires était le seul moyen pour avancer dans le processus. A cette fin, les Nations unies et l’Union africaine ont convenu de nommer un Envoyé spécial conjoint en vue de promouvoir les efforts visant l’aboutissement de l’Initiative africaine en liaison avec tous les partenaires de la République centrafricaine, notamment ceux de la région. 15. Les participants ont exprimé leur gratitude aux pays contributeurs de troupe et de police pour leur appui aux efforts de paix et de stabilisation en République centrafricaine. Ils ont aussi rendu hommage aux Casques bleus et aux travailleurs humanitaires qui ont sacrifié leur vie au service de la paix. Ils ont rigoureusement condamné les manipulations et les attaques ciblant les Casques bleus de la MINUSCA et les travailleurs humanitaires et ont appelé le Gouvernement à condamner publiquement ces attaques et à identifier et traduire en justice les auteurs et les instigateurs de ces crimes. 16. Les participants ont salué l’initiative sur l’Action pour le maintien de la paix et ont   exprimé leur soutien à la Déclaration d’engagements communs concernant les opérations de maintien de la paix des Nations Unies, à laquelle ont souscrit le Gouvernement centrafricain et presque tous les participants. Ils ont reconnu le besoin de promouvoir des solution politiques et de rendre les opérations de maintien de la paix plus efficaces. Les participants ont appelé les Etats membres à honorer leurs engagements en République centrafricaine. A cet égard, ils ont réitéré leur ferme soutien à la MINUSCA, tout en soulignant l’importance de son appui et de son engagement au processus de paix. 17. En conclusion, les participants ont souligné qu’un soutien unifié à la République centrafricaine et au processus de paix était la clé pour assurer la stabilité, non seulement dans ce pays mais aussi dans la région.