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Ituri : la majorité des factions de la milice Codeco s’engagent à déposer les armes

Au terme des négociations, sept factions de ce mouvement armé, qui en compte une dizaine, se sont engagées à rejoindre le processus de paix initié par le chef de l’Etat congolais. PHOTO MONUSCO

La milice Codeco (Coopérative pour le développement du Congo) a annoncé samedi 4 juin 2022 mettre fin aux violences contre les civils en Ituri, principalement dans le territoire de Djugu où elle était très active. Les représentants de ce groupe armé s’y sont engagés au terme de quatre jours de dialogue intracommunautaire organisé par le gouvernement congolais, avec l'appui de la MONUSCO, à Rhety, localité située à 120 km au nord-est de Bunia, en Ituri. Il s’agit du deuxième groupe armé qui signe unilatéralement un accord de cessation des hostilités en l'espace d'une semaine en Ituri, après le FPIC (Front patriotique et intégrationniste de l'Ituri), lundi 30 mai 2022.

Le contenu exact de cet acte d'engagement, dont la primeur est réservée aux autorités provinciales, n'est pas encore connu.   

Cependant, selon l'envoyé spécial de la radio des Nations Unies à ces pourparlers, au terme de ces négociations qualifiées de "difficiles", sept factions de ce mouvement armé, qui en compte une dizaine, s’engagent désormais à rejoindre le processus de paix initié par le chef de l’Etat congolais.

L’accord de Rhety prévoit dans ses grandes lignes :  

- l’engagement unilatéral de Codeco à la cessation des hostilités.   

- son acceptation à participer aux pourparlers de Nairobi et à adhérer au programme de DDRC-S.   

- son engagement à désigner ses représentants dans le déroulement du processus de paix.

Cet acte de cessation des hostilités a été signé par dix leaders des principales factions de la Codeco/Urdpc, Coopérative pour le développement du Congo/Union des révolutionnaires du peuple congolais.

Les pourparlers avec les responsables de cette milice ont été menés par les leaders de la communauté Bhale qui regroupe le peuple Lendu, aussi réuni au sein de l’association culturelle Lori, avec la facilitation de la MONUSCO.   

La coordination provinciale de la société civile/forces vives, acteurs politiques et administration du territoire saluent tous cette avancée qui redonne un peu d'espoir aux populations de cette province touchée par une grave insécurité depuis 2017.  

La « méthode MONUSCO » saluée par les participants

Pour la MONUSCO, facilitatrice de ces assises, cette étape vient couronner les efforts menés par la Mission onusienne depuis plusieurs semaines pour la pacification du territoire de Djugu. La communauté locale salue justement l'accompagnement actif de la MONUSCO dans ce processus de pacification de l'Ituri. C'est le cas du président du conseil territorial de la jeunesse de Djugu qui loue l'approche adoptée par la MONUSCO pour arriver à ce résultat, un « cadeau et un héritage » que la MONUSCO va léguer aux Ituriens et Ituriennes, selon Christian Ngabu, président du conseil territorial de la geunesse de Djugu.  

Suivez l'intégralité de son interview :  

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Saisir cette opportunité unique

L'espoir est permis, même si toutes les factions qui composent ce groupe armé n'ont pas signé cet acte d'engagement. Cependant, en Ituri, tout le monde veut y croire. A commencer par les populations qui paient un lourd tribut à ce conflit armé qui, depuis 2017, a fait des milliers de morts, près de deux millions de déplacés dont près de 500 000 dans le seul Ouganda voisin, ainsi que des incendies de maisons, d'édifices publics (tels que centres de santé ou écoles), de véhicules, d'enlèvements, de destructions méchantes, de vol de bétail...   

Autres conséquences : des milliers d’enfants qui ont fui avec leurs parents l’insécurité dans leurs villages ne vont plus à l’école. Nombre d’entre eux sont devenus des « enfants de la rue » à Bunia où certains se livrent à la mendicité, allant jusqu’à agresser des passants.  

On observe également une flambée généralisée des prix des produits agricoles et autres denrées de première nécessité sur les marchés locaux, la plupart des tronçons routiers étant régulièrement l’objet d’attaques des groupes armés.   

C’est pourquoi la communauté Bhale, soupçonnée de soutenir ce groupe armé, demande au gouvernement de saisir cette opportunité unique et d’accompagner ces miliciens de la Codeco. Reste maintenant à joindre la parole à l'acte. Les prochains jours vont être scrutés à la loupe.